SUITE du Coup d'état du Canada contre le Québec

- Le gouvernement péquiste exige du gouvernement Harper qu'il «ouvre les livres» du Conseil privé pour faire toute la lumière sur cette affaire trouble. - Face au refus aussi rapide que prévisible d'Ottawa, le ministre Alexandre Cloutier annonce que le gouvernement Marois préparerait «une offensive», dont on attend les détails. - Voyant sa crédibilité remise en cause ouvertement, l'adjoint exécutif juridique de la Cour suprême réagit à la vitesse de l'éclair en ces brefs termes: «La Cour attache une très grande importance à son indépendance institutionnelle et à la confidentialité de ses délibérations, et elle examine présentement la teneur de ces allégations». S'il n'y aura évidemment pas d'«enquête» de la Cour sur la Cour, sa réaction rapide trahit tout de même une certaine inquiétude. Quoiqu'il serait fort étonnant, pour ne pas dire inconcevable, que la Cour suprême en vienne à conclure à sa propre perte de crédibilité... - Constitutionnalistes et politologues interviewés dénoncent quant à eux le comportement allégué du juge Laskin (décédé en 1984). Ils demandent aussi que le gouvernement Harper «ouvre ses livres». Le tout, en faisant remarquer avec raison, que la constitution de 82 continuera malgré tout à s'appliquer au Québec. Publicité - Constatant le caractère grave des allégations, certains experts proposent carrément le déclenchement d'une enquête indépendante. Un minimum dans les circonstances. - Dans les médias anglophones, d'ici et hors Québec, on rapporte l'histoire, mais on la commente peu. - À Ottawa, on banalise et réduit le tout à des «vieilles chicanes» du passé. La réaction de Justin Trudeau -- futur chef du PLC et fils de Pierre Trudeau -, s'en fait l'écho parfait. - À Québec, le Parti libéral de Philippe Couillard marche sur des œufs tout en demandant, timidement, de faire la lumière. - Côté CAQ, la réaction de François Legault voulant que cette histoire n'ait plus d'importance aujourd'hui, en laisse plusieurs pantois et fait décrocher bien des mâchoires. Qu'un chef de parti se comporte de manière à banaliser une question pourtant centrale à l'existence politique du Québec risque de laisser des traces. De le voir contribuer ainsi à endormir une population qui a pourtant grand besoin de retrouver sa conscience politique nonobstant les convictions de chacun sur cette question cruciale, en laissera plusieurs sur leur faim. - Jeudi soir, sur les ondes de RDI à 24 heures en 60 minutes, l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, pourtant un proche de M. Legault, se fait cinglant et qualifie la réaction du chef caquiste d'«inacceptable» : «Comment un chef de parti, qui veut devenir un jour premier ministre du Québec peut réagir de façon aussi légère à quelque chose d'aussi important, qui est au cœur même de la vie constitutionnelle canadienne? N'oublions pas que le rapatriement, la Charte, du côté de beaucoup de gens, c'est perçu comme l'acte fondateur du Canada moderne.» - Pour les caquistes, ce retour en force de la question constitutionnelle prouve que contrairement à leur principal mantra, elle est loin d'être enterrée. Pour les libéraux et les caquistes, l'intervention de Lucien Bouchard leur met une pression considérable en les enjoignant publiquement de se réveiller sur l'«affaire» de la bataille de Londres. - Au gouvernement Marois, nul doute qu'on entend se servir du tout pour faire la «pédagogie» d'une telle duperie. Ayant exigé du Conseil privé canadien qu'il «ouvre ses livres», il reste cependant à voir s'il sera également capable, ou non, d'aller au-delà de la rhétorique de dénonciation pour reprendre la promotion de son option comme étant sa véritable réponse... Le vrai visage de Pierre Elliott Trudeau, Les Intouchables, 2006 Il y a 25 ans entrait en vigueur, le 17 avril 1982, une importante modification de la constitution du Canada, la Loi constitutionnelle de 1982, qui a donné naissance à la Charte canadienne des droits et libertés. Cette charte a été imposée par Trudeau au Québec avec l'accord des neuf provinces anglophones. Trudeau a reconnu en 1986 « qu'à cette dernière étape il fallait presque un putsch, un coup de force. » "Un coup d'état"-Frédéric Bastien"

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